Le projet

Que prévoit de produire Méthavert ?

Méthavert est un projet d’usine visant à produire de l’hydrogène décarboné et du e-méthanol à partir de ressources renouvelables et disponibles localement.

Le projet prévoit deux phases :
– 1re phase en 2032 : construction d’une unité de production d’hydrogène ;
– 2e phase en 2035 : ajout d’une unité de production d’e-méthanol (jusqu’à 200 000 t/an).

Qu’est-ce que l’hydrogène décarboné ?

L’hydrogène décarboné est obtenu par électrolyse de l’eau en utilisant de l’électricité issue d’énergies décarbonées (bas-carbone ou renouvelables).

Qu’est-ce que le e-méthanol ?

Le e-méthanol est un carburant de synthèse ou e-carburant. Il est produit à partir d’eau, d’électricité et de CO₂. Dans le projet Méthavert, il sera fabriqué à partir d’hydrogène décarboné et de CO₂ d’origine biogénique.

Quelles technologies ?

La production serait structurée en deux grandes étapes.
1. La production d’hydrogène par électrolyse de l’eau. Méthavert étudie la technologie « PEM », procédé robuste et compact, offrant un haut niveau de pureté de l’hydrogène et une bonne capacité à fonctionner de manière flexible.
La technologie « Alcalin pressurisé » est aussi à l’étude pour ses performances proches du “PEM”, avec une meilleure performance économique, ce qui faciliterait la commercialisation de l’H₂ produit.
2. La synthèse et la distillation du e-méthanol, à partir de l’hydrogène produit et de CO₂ biogénique. L’hydrogène et le dioxyde de carbone sont d’abord comprimés puis préchauffés avant d’entrer dans le réacteur de synthèse. Le e-méthanol obtenu est ensuite refroidi, condensé, puis distillé pour séparer le méthanol de l’eau.

 

Pourquoi s’implanter dans la zone industrialo-portuaire du Havre ?

Le projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de la zone industrialo-portuaire du Havre. HAROPA Port ambitionne d’en faire un territoire industriel innovant en matière d’écologie industrielle, de production d’énergies renouvelables et de développement de l’offre de carburants propres.

Le territoire dispose d’un emplacement idéal, à distance du cœur de ville et des habitations, mais à proximité immédiate du Grand Canal du Havre et de l’autoroute A29. Au-delà du foncier disponible, le territoire bénéficie d’une longue histoire industrielle, d’infrastructures existantes, de compétences locales et surtout d’un fort tissu industriel, dont les différentes industries peuvent être fournisseurs, partenaires ou clients du projet.

Le port du Havre est également au plus près de clients potentiels pour le e-méthanol, notamment les armateurs. Proposer des carburants durables aux bateaux contribuerait à renforcer l’attractivité du port.

Quelles ressources seraient nécessaires à Méthavert ?

Les ressources nécessaires au fonctionnement de Méthavert sont les suivantes :

La consommation électrique de Méthavert

Le projet nécessite une puissance électrique jusqu’à 330 MW en phase 2. Pour assurer un abattement carbone d’au moins 70 % par rapport aux énergies fossiles, l’électricité proviendra de sources décarbonées et au maximum renouvelable.

Le raccordement au réseau électrique

Le projet nécessite une liaison souterraine d’environ 3,9 km entre l’usine Méthavert et le poste électrique RTE de Noroit, ainsi que l’ajout d’une cellule 225 kV dans ce poste prévue au renforcement des capacités électriques des boucles de la Seine.

L’eau utilisée et restituée par Méthavert

L’eau utilisée pour l’électrolyse produisant l’hydrogène (677 000 m³/an) proviendra du réseau industriel du port du Havre et environ 50% seront restitués en fin de processus, après déminéralisation.
Le procédé de synthèse du e-méthanol restituera de l’eau, à hauteur d’environ 113 000 m³ par an. Une fois pris en compte l’eau rejetée et l’eau produite par le procédé, la consommation nette globale du projet représenterait environ 249 000 m³ par an.

L’eau de refroidissement

Pour le refroidissement (jusqu’à 33 000 000 m³/an nécessaires), le projet étudie un fonctionnement en circuit ouvert avec le Grand Canal du Havre : l’eau serait prélevée puis restituée dans ce même canal après usage. Elle ne serait donc pas consommée au sens strict, mais temporairement utilisée pour refroidir l’électrolyseur de production d’hydrogène et le réacteur de production de e-méthanol, avec une température de rejet limitée à 27 °C maximum.

L’approvisionnement en CO₂ issu du bassin Axe Seine

À court et moyen terme, Qair souhaite s’appuyer sur des sources industrielles situées dans le bassin de l’Axe Seine. À plus long terme, le projet anticipe la transition vers du CO₂ 100 % biogénique.
L’acheminement du CO₂ est envisagé par camion-citerne pour les sources proches et recréera idéalement par canalisation mutualisée si une infrastructure commune voit le jour.

Quels sont les effets potentiels sur l’environnement ?

Les impacts potentiels du projet Méthavert sur l’environnement sont de plusieurs types :
– liés à l’aménagement du site par HAROPA Port ;
– liés à la réalisation du raccordement électrique du projet par RTE ;
– liés à la construction de l’usine Méthavert par QAIR : trafic des engins en circulation et poussières ; émission de CO2 ;
– liés au fonctionnement de l’usine Méthavert : consommation de ressources, nuisances sonores, rejets très faibles et ponctuels dans l’atmosphère (dioxyde de carbone, hydrogène, e-méthanol) et dans l’eau, logistique d’acheminement des ressources et d’export de la production.

Pour qualifier ces différents impacts, QAIR et RTE ont engagé la réalisation de plusieurs études confiées à des bureaux d’études spécialisés. Sur la base de leurs résultats, chacun des maitres d’ouvrage et partenaire du projet proposeront des solutions pour éviter, réduire et en dernier recours compenser ces différents impacts. Ce processus est contrôlé par l’État dans le cadre de la procédure d’autorisation environnementale unique régie par le Code de l’environnement.

Quels seraient le calendrier et le coût du projet ?

La mise en service de la phase 1 du Méthavert est prévue en 2031 et la phase 2 en 2035.

Le calendrier du projet

Les investissements nécessaires à la réalisation du projet Méthavert sont aujourd’hui estimés à plus de 1,2 milliard d’euros pour les deux phases.
Le coût du raccordement électrique est estimé à 15 millions d’euros.